Groupe Sida Neuchâtel (Suisse)

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Informations détaillées

S’il vous reste des questions après avoir consulté nos pages de prévention, vous trouverez ici des informations approfondies sur le site de l'Aide Suisse contre le Sida.

VIH et sida : des chiffres et des faits

Suisse

  • A ce jour, on compte en Suisse plus de 29'350 tests VIH positifs.
  • Plus de 22'000 personnes séropositives ou malades du sida vivent aujourd’hui en Suisse.
  • Jusqu’à fin décembre 2006, plus de 8'400 cas de sida avaient été annoncés et 5'669 personnes étaient décédées des conséquences du sida.
  • Durant l’année 2006, 732 nouveaux tests VIH positifs ont été annoncés, 33 % concernant des femmes.
  • Les contacts hétérosexuels sont à l’origine de 46 % des infections.

Voies d'infection principales en Suisse 2006

Hommes: rapports sexuels hétérosexuels 29%, rapports sexuels homosexuels 60%, injection de drogues 7%, autre / inconnue 4%

Femmes: rapports sexuels hétérosexuels 82%, injection de drogues 8%, autre / inconnue 10%

Répartition des cas de séropositivité selon le sexe et l'âge (tests depuis 2001 jusqu' à 2005)

  • enfants de moins de 13 ans: masculin 1 %, féminin 1 %
  • de 13 à 29 ans: masculin 23%, féminin 37%
  • de 30 à 44 ans: masculin 52%, féminin 48 %
  • 45 ans et plus: masculin 24%, féminin 13 %

Dans le monde

  • Environ 39.5 millions de personnes vivent avec le VIH/sida.
  • En 2006, 4.3 millions de personnes ont contracté le virus.
  • En 2006, 2.9 millions de personnes sont mortes du sida.
  • Près de 28 millions de personnes sont déjà mortes des suites de la maladie.
  • Plus de 63% des personnes touchées vivent en Afrique, au sud du Sahara (24.7 millions).
  • Au moins 80% des personnes vivant avec le VIH/sida et ayant besoin d'un traitement n'ont pas accès aux soins médicaux.

Liens statistiques

OFSP en Suisse
UNAIDS mondial

On parle beaucoup de nouvelles options thérapeutiques. Le sida est-il curable?

Depuis 1996, il existe des thérapies combinées anti-VIH. Elles parviennent souvent à freiner de façon notable la progression de l’infection. C’est la raison pour laquelle, le nombre de décès dus au sida diminuent, et les maladies graves consécutives à l’infection deviennent plus rares. Les thérapies combinées ne parviennent toutefois pas à guérir de l’infection et à rendre la santé.

Une seule solution donc: toujours penser à se protéger.

J'ai entendu dire, que certains troubles physiques sont révélateurs d’une possible infection récente. Quels sont ces symptômes?

Certains troubles physiques peuvent en effet se déclarer deux à six semaines après l’exposition à un risque, étayant les soupçons qu’une infection s’est produite. Les principaux troubles font penser à un refroidissement ou à une légère grippe: fièvre, dilatation des glandes thyroïdes ou lymphatiques, inflammation de la gorge, douleurs musculaires, maux de tête, diarrhée, nausée, etc. Ces symptômes se déclarent chez soixante-dix à quatre-vingt pour cent environ des personnes qui viennent d’être infectées par le VIH et s’estompent spontanément par la suite.

Mais comme vous le voyez, c’est une liste de symptômes extrêmement courants, révélateurs d’autres infections aussi. Ils n’impliquent donc pas automatiquement qu’une infection à VIH ait eu lieu.

Les signaux susmentionnés pouvant avoir des causes multiples, il est important de ne pas se soumettre à une auto-observation par trop anxieuse durant les semaines qui suivent une situation à risque, de ne pas "guetter" les symptômes.

Si vous constatez de tels symptômes, il vaut sûrement la peine de consulter un médecin et de lui parler franchement de vos craintes. Un premier test (combiné) du sida peut être effectué deux semaines après une situation à risque. Votre médecin vous recommandera peut-être un tel test qui ne peut se faire qu'avec votre consentement. Renseignez-vous donc avant votre décision sur les divers aspects et possibilités d'un test du sida ou faites-vous idéalement conseiller par une antenne régionale.

Si le résultat du test est négatif, il faudra le confirmer par un nouveau test trois mois après l'exposition au risque. Avant ce résultat définitif, la règle est simple: pas de rapport sexuel non protégé!

Puis-je faire moi-même un test de dépistage à la maison et un tel test est-il fiable ?

Les tests VIH à faire à domicile («home tests») ne sont autorisés ni en Suisse, ni dans d’autres pays d’Europe, ni aux Etats-Unis, et pour cause: ils ne sont pas assez fiables et sont d’un emploi trop complexe. Par conséquent, ne vous prêtez pas au jeu des offres en provenance de l’étranger ou via Internet: il s’agit là souvent de produits douteux qui ne satisfont pas à nos normes de qualité sur le plan médical.

Dans quelle mesure les résultats du test sont-ils fiables ?

Les tests de dépistage du VIH que proposent à l’heure actuelle les hôpitaux, les laboratoires et les médecins traitants sont extrêmement sensibles. En d’autres termes :

Si vous effectuez un test VIH trois mois après une situation à risque et obtenez un résultat négatif, ce résultat est suffisamment fiable. Vous n’avez pas d’infection.

Un éventuel résultat positif est vérifié dans tous les cas à l’aide d’un test de confirmation effectué sur un nouvel échantillon sanguin. Ce test de confirmation utilise une autre méthode de dépistage et il est également très précis. En règle générale, on procède encore simultanément à un troisième test afin de déterminer la charge virale. Après un test de confirmation positif, il est donc exclu que le résultat positif soit faux.

Combien ces tests vont-ils me coûter ?

Un test VIH coûte entre 30 et 80 francs. Si vous voulez passer le test de façon anonyme, vous devez payer vous-même, sinon c’est la caisse-maladie qui prend en charge les frais.

Combien de temps dois-je attendre pour avoir le résultat ?

Le résultat d’un test en laboratoire est disponible après quelques heures ou entre un et trois jours après, suivant l’endroit où le test est pratiqué.

Certains cabinets médicaux et les hôpitaux utilisent aussi un test VIH rapide. Ce test est évalué directement sur place et le résultat est disponible dans la demi-heure. Mais comme pour un test en laboratoire, le résultat n’est suffisamment fiable que si le test est effectué trois mois après la dernière exposition au risque.

Ne pratique-t-on pas automatiquement un test de dépistage lors d'un bilan médical ?

Non, pour un test de dépistage du VIH, vous devez nécessairement donner votre consentement exprès. Par conséquent, personne ne peut vous obliger à en faire un ou le faire sur vous en cachette. En d’autres termes, cela signifie aussi que, lors d’examens médicaux ou d’interventions que vous pourriez avoir subis par le passé, vous n’avez pas effectué un test VIH automatiquement sans que l’on vous en informe.

Peut-on effectuer le test de dépistage sous le couvert de l'anonymat tout en étant mineur ?

Oui, c’est possible. Le test de dépistage, qu’il soit effectué de manière anonyme ou par le médecin traitant, demeure une affaire strictement personnelle qui présuppose la capacité de jugement, mais non la majorité civile. En d’autres termes, une personne mineure peut faire le test anonymement sans l’accord du / de la représentant(e) légal(e).

Puis-je faire le test sans que personne ne le sache ?

Dans les hôpitaux et les laboratoires, les tests peuvent être réalisés en principe sans que vous ayez à indiquer votre nom. Le test est anonyme. Faites part de votre souhait de faire un test anonyme aux collaborateurs par exemple de la consultation sida, sans indiquer votre nom. Un test chez votre médecin traitant est soumis au secret médical. Toutefois, cela ne veut pas dire que le test sera automatiquement anonyme : si la caisse-maladie paye le test, la facture l’informe qu’un test a été effectué. Le résultat ne figure pas sur la facture, mais il est consigné dans le dossier du médecin traitant, ce qui pourrait créer des problèmes ultérieurement en matière d’assurance. Si vous souhaitez faire le test VIH de façon anonyme chez votre médecin traitant et ne voulez pas que le résultat figure dans votre dossier médical, vous devez lui faire part expressément de vos souhaits. Renseignez-vous au préalable auprès de l’antenne régionale de l’ASS.

Que le test soit réalisé à l’hôpital, en laboratoire ou chez le médecin, tout résultat positif doit être communiqué à l’Office fédéral de la santé publique en vertu de l’ordonnance sur la déclaration. Ces données sont importantes pour le contrôle de l’épidémie et servent également au travail de prévention. Depuis le 1er mars 1999, les formulaires correspondants contiennent, outre l’indication du sexe, de la date de naissance et du canton de domicile, l’initiale suivie du nombre de lettres du prénom (p. ex. S6). Il s’agit de détecter les éventuelles déclarations à double, autrement dit plusieurs résultats de tests positifs pour la même personne. Mais c’est aussi une garantie pour vous que vos données parviennent au bureau des déclarations sous forme anonyme : personne ne peut retrouver votre identité à partir de ces données.

Où puis-je me faire tester ?

Les antennes régionales de l’ASS ne proposent généralement pas elles-mêmes un test VIH, mais elles peuvent vous donner des conseils sur les différents aspects du test et vous indiquer où vous rendre de préférence pour faire le test. Les tests VIH sont pratiqués en toute compétence aux endroits suivants :

  • Les grands hôpitaux (universitaires) de Suisse proposent un test VIH anonyme (adresses et numéros de téléphone). Renseignez-vous sur les horaires auprès des services correspondants.
  • A Genève et Zurich, les homosexuels peuvent faire le test VIH dans un centre Checkpoint. Renseignez-vous auprès de Checkpoint Genève ou Checkpoint Zurich pour connaître les heures d’ouverture et de consultation.

Si vous avez eu un entretien de conseil et que vous décidez de faire un test VIH, vous avez encore les possibilités suivantes :

  • Les laboratoires médicaux privés proposent également un test VIH anonyme.
  • Sur demande, votre médecin traitant peut aussi procéder au test VIH. Ici se pose toutefois la question de l’anonymat.

Dois-je me faire conseiller avant de faire un test VIH ?

Demandez des informations sur les différents aspects du test avant de décider d’en faire un (risque de transmission, aspects juridiques, etc.). En cas d’incertitude ou si vous avez des questions, un entretien avec l’une des antennes régionales de l’ASS peut vous aider. Il en va de même après un test VIH. On vous y conseillera volontiers, par téléphone ou sur place. En général, les antennes régionales ne proposent pas elles-mêmes un test VIH, mais elles peuvent vous offrir un suivi et un soutien psychologique au cours de cette période.

Sur le principe, il faut savoir que tout centre de dépistage (clinique universitaire, cabinet médical ou laboratoire) doit vous fournir des conseils en suffisance avant un test VIH. Insistez pour avoir un entretien !

Ne peut-on pas faire le test avant le délai de trois mois ?

Le test VIH utilisé couramment à l’heure actuelle en Suisse est un test combiné qui détecte la présence dans le sang d’anticorps et de composants du virus (antigène p24). Etant donné que des composants du virus apparaissent relativement rapidement dans le sang suite à une infection au VIH, le test combiné permet de révéler une infection éventuellement après quelques semaines déjà. Un test combiné s’avère utile lorsque, durant les premières semaines qui suivent une situation indubitablement à risque, des symptômes physiques apparaissent, étayant le soupçon qu’une infection s’est produite (voir Symptômes). En cas de sérieux soupçon, un premier test peut donc s’effectuer déjà entre deux et six semaines après une situation à risque.

Si ce premier test est « négatif », le résultat n’est pas encore sûr : il se peut qu’il n’y ait pas eu d’infection. Mais il est aussi possible qu’il y ait eu une infection que le test ne détecte pas encore. Soit l’organisme ne contient pas suffisamment de composants du virus (antigène p24), soit il n’a pas encore développé suffisamment d’anticorps. Quoi qu’il en soit, en présence d’un premier résultat négatif, il faut procéder à un deuxième test trois mois après la situation à risque. Seul ce deuxième test établit avec une certitude suffisante qu’il n’y a vraiment pas eu d’infection.

Si ce premier test est « positif » ou « incertain », on effectue un test de confirmation à l’aide d’un nouvel échantillon sanguin afin d’exclure avec certitude toute erreur de diagnostic. Si le test de confirmation s’avère lui aussi « positif », une infection au VIH a eu lieu.

A partir de quand un test VIH donne-t-il un résultat fiable ?

Le test VIH (« test du sida ») ne peut exclure une infection au VIH avec certitude que trois mois après l’exposition au risque. C’est le temps qu’il faut à l’organisme pour fabriquer des anticorps contre le virus suite à une éventuelle infection. Après trois mois, le résultat d’un test VIH est suffisamment fiable : un résultat « négatif » signifie que le test n’a pas détecté de tels anticorps, autrement dit qu’il n’y a pas eu d’infection. Un résultat « positif » signifie par contre que le test a détecté de tels anticorps et qu’il y a eu une infection au VIH.

Si vous faites le test avant l’échéance du délai d’attente de trois mois, il se peut que ce soit trop tôt : un résultat (encore) négatif pourrait en fait s’avérer positif lors d’un test ultérieur.

Je ne supporte pas les préservatifs, je suis allergique au latex. Que faire?

Les préservatifs disponibles en Suisse sont généralement en caoutchouc naturel (latex). Si vous savez que vous êtes allergique au latex ou si vous craignez une telle allergie (démangeaisons, brûlures, douleurs locales), vous pouvez utilisez des préservatifs en polyuréthane – nom de marque Avanti ou Ceylor. Le Femidon (préservatif pour femme) non plus ne contient pas de latex. Renseignez-vous dans un magasin spécialisé (condomeria ou pharmacie). Attendez que les symptômes d'une éventuelle hypersensibilité au latex aient disparu avant de passer aux préservatifs en polyuréthane.

Votre allergie n'est peut-être pas due au latex. Environ 90% des réactions allergiques d’ordre génital sont dues à des préservatifs enduits de spermicides, qui contiennent la substance Nonoxynol 9 (Ceylor Gold p. ex.). Employez des préservatifs sans lubrifiant contenant des spermicides. Le silicone, présent dans de nombreux lubrifiants, peut parfois poser des problèmes lui aussi.

Nous recommandons dans tous les cas de tirer au clair les causes de la réaction allergique avec votre médecin.

Quand je dois mettre un préservatif, rien ne va plus chez moi. Que faire?

Peut-être comptez-vous au nombre de ces hommes qui ressentent le préservatif comme dérangeant ou inhibiteur du plaisir. Ou bien vous avez peur de ne pas avoir d’érection. Quoiqu’il en soit, seuls les préservatifs offrent une protection efficace contre une infection à VIH.

Découvrez le côté ludique du préservatif: vous pouvez vous exercer à l’utiliser. La mise en place commune peut devenir un élément érotique des préliminaires. Choisissez le préservatif qui convient – mais toujours certifié.

Les antennes de l’Aide Suisse contre le Sida recommandent les préservatifs portant le label ok. Veuillez consulter le mode d’emploi et la date de péremption.

Je veux que mon partenaire utilise le préservatif. Comment m'imposer?

Dites d'emblée à votre partenaire que vous n'aurez pas de rapport avec lui sans préservatif. N'attendez pas que l'excitation soit à son comble... Qui d'autre que vous-même assurera le mieux votre protection? Si votre partenaire refuse de mettre le préservatif, vous pouvez toujours dire NON. Pour imposer l'usage du préservatif, il faut du courage et de l'assurance.

Votre antenne régionale vous soutient et vous conseille volontiers.

Y a-t-il un risque résiduel lorsque des traces de sécrétions vaginales ou de sperme tachent l’extérieur de préservatif au contact des mains?

Aucune étude n’existe à ce sujet. Bien qu'on ne puisse alors pas prouver l'absence de risque il semble raisonnablement évident qu'il n'y a pas de risque de transmission dans cette situation.

Quiconque respecte les règles simples du safer sex n’a pas besoin de se faire des soucis sur d’autres possibilités théoriques de transmission.

Que signifie une rupture ou un glissement du préservatif pour le risque de transmission du VIH?

Lorsqu’un préservatif se rompt ou glisse pendant les rapports sexuels, il n’offre plus aucune protection. Le risque d’infection existe alors comme en l’absence de préservatif.

La rupture ou le glissement de préservatifs certifiés se doivent presque toujours à une utilisation non conforme. La plus grande précaution lors du choix, du stockage, de l’ouverture et de la mise en place est recommandée. Ne pas utiliser de substances lubrifiantes grasses. Et bien tenir le préservatif contre le pénis lors du retrait.

Un préservatif protège-t-il vraiment suffisamment contre une infection?

Tant qu’il ne glisse ni ne se déchire, un préservatif offre une excellente protection contre l’infection à VIH en cas de pénétration. Les antennes de l’Aide Suisse contre le Sida recommandent les produits de marque portant le label ok. Lorsque vous utilisez un préservatif, veillez à respecter les points suivants:

  • taille adéquate (différentes tailles disponibles!)
  • stockage conforme aux recommandations, date de péremption
  • ouvrir l’enveloppe avec précaution
  • bien dérouler
  • n’utiliser que des crèmes lubrifiantes hydrosolubles ou à base de silicone; en aucun cas des substances grasses telles que la vaseline, les lotions corporelles, le beurre, des huiles, etc.
  • bien tenir le préservatif contre le pénis lors du retrait

La rupture ou le glissement sont les seuls risques lors de l’emploi de préservatifs certifiés – et se doivent (presque) toujours à une utilisation non conforme.

Y a-t-il un vaccin contre le VIH ?

En dépit des grandes déclarations faisant régulièrement la une des médias, il n’y a aucune percée en vue dans la recherche d’un vaccin contre le virus VIH. Il est vrai que des vaccins ont été et font toujours l’objet de recherches. Mais ces études en sont encore à leurs prémices et l’on part aujourd’hui du principe qu’avec les substances testées actuellement, l’on peut s’attendre au mieux à une protection partielle contre l’infection à VIH (une efficacité de 40% à 60% serait déjà un succès significatif). A supposer qu’il y ait une percée dans l’essai de ces vaccins (ce qui n’est pas du tout sûr), il faudrait dans tous les cas attendre encore six à huit ans au moins jusqu’à ce qu’un vaccin efficace soit enregistré et disponible à l’étranger et en Suisse. En effet, hormis la phase de développement et d’essai, tout nouveau médicament doit encore subir de nombreux tests afin de garantir également son profil de tolérance et sa sécurité d’emploi et de renforcer son efficacité. Pour l’heure, la disponibilité d’un vaccin, ne serait-ce que partiellement efficace, relève toujours de l’incertitude la plus totale. L’Aide Suisse contre le Sida suit ces recherches avec attention et communiquera immédiatement tout renseignement sur des progrès notables.

Le safer sex reste donc jusqu’à nouvel ordre le seul moyen sûr pour se protéger d’une infection à VIH.

J'ai peur d'avoir été contaminé. Qu'est-ce que je dois faire?

Ne vous enfermez pas dans la peur, demandez conseil! Un entretien auprès d'une antenne régionale vous permettra de préciser si la situation présentait un risque réel de transmission. Profitez de l'occasion pour vous informer sur l'opportunité d'un dépistage. Si vous décidez spontanément de faire un test du sida ou si votre médecin vous le conseille, informez-vous préalablement sur les divers aspects ou possibilités d'un tel test. Dans ce cas également, vous pouvez bénéficier de conseils compétents auprès d'une antenne régionale.

Puis-je réduire le risque d’infection à VIH immédiatement après une exposition au risque?

On appelle « fenêtre immunologique ou sérologique » les premières semaines suivant une éventuelle infection. Pendant ce laps de temps, la présence du virus dans l’organisme ne peut être ni détectée ni exclue via un procédé médical. Cette fenêtre varie d’un individu à l’autre. Chez certaines personnes, l’infection peut être mise en évidence après deux semaines déjà, tandis que chez d’autres, il faudra plus de temps. Seul un résultat négatif après trois mois garantit qu’aucune infection n’a eu lieu.

Après une situation indubitablement à haut risque, il n’existe plus qu’une possibilité : dans les 72 heures suivant la situation à risque, annoncez-vous dans un des centres de traitement VIH des hôpitaux universitaires suivants:

Centres de traitement VIH
Basel: 061 265 50 05 / Bern: 031 632 27 45 / Zürich: 044 255 33 22 / St. Gallen: 071 494 10 28 / Lugano: 091 805 60 21 / Lausanne: 021 314 10 22 / Genève: 022 372 96 17

On y évaluera le risque d’après votre description de la situation et on vous proposera éventuellement une prophylaxie post-exposition VIH (PPE-VIH). Il s’agit d’un traitement médicamenteux préventif de plusieurs semaines, avec des substances très puissantes, qui réduit vraisemblablement de manière considérable un éventuel risque de transmission – sans pouvoir l’exclure pour autant. Sa réussite est d’autant plus probable que le traitement aura débuté le plus tôt possible après l’exposition au risque.

Le recours à une PPE-VIH peut se justifier dans les situations suivantes :

1. La personne impliquée est infectée par le VIH et c’est un fait établi ; elle n’est pas traitée ou elle suit un traitement antirétroviral dont l’efficacité n’est pas totale et

  • vous avez eu avec elle un rapport vaginal ou anal non protégé ;
  • vous avez eu avec elle un rapport oral non protégé avec éjaculation du partenaire séropositif dans votre bouche ;
  • vous avez utilisé le matériel d’injection appartenant à une personne séropositive.

(L’éventualité d’un recours à une PPE-VIH sera également envisagée dans de telles situations lorsque l’on ne sait pas si la personne impliquée est séropositive, si elle vient d’une région ou appartient à un groupe dans lequel le VIH est très répandu).

2. L’exposition au risque a eu lieu dans le cadre d’un viol.

Dans tous les autres cas, autrement dit lorsqu’il n’est pas établi que la personne est séropositive et qu’elle n’appartient pas à un groupe ou ne vient pas d’une région dans laquelle le VIH est très répandu, la PPE-VIH est déconseillée.

Quelles autres situations ne présentent aucun danger?

Le VIH ne peut se transmettre dans les toilettes publiques, les saunas ou les piscines, pas plus qu’au travers des poignées de porte, du combiné téléphonique ou l’utilisation commune de serviettes, de couverts, etc.

Le VIH n’est pas transmis par piqûre d’insecte, morsure de chien ou par les animaux domestiques.

Le virus VIH n'est transmis ni par le médecin, ni par le dentiste, ni à l'hôpital.

Aucun risque non plus chez le coiffeur, le pédicure ou le manicure.

Les percements et les tatouages ne présentent pas de danger non plus, tant que les personnes les pratiquant respectent les normes d’hygiène applicables.

Pas de risque en cas de toux et d’éternuements.

Aucun danger non plus lorsque serrez la main à une personne séropositive, que vous la serrez dans vos bras, la caressez ou la cajolez.

Le VIH ne peut se transmettre par les baisers, même avec la langue.

La masturbation réciproque (petting) ne présente aucun risque; les gerçures au bout des doigts et les lésions de ce genre, aussi petites ou déjà cicatrisées, ne présentent aucun danger.

Le VIH ne peut se transmettre par l’urine ou les selles. Par contre la transmission d’autres agents pathogènes, tels que le virus de l’hépatite A, est relativement élevée dans ce cas.

Les baisers avec ou sans la langue présentent-ils un danger?

Le VIH n’est pas transmis par les baisers, même avec la langue. Les caresses, le contact corporel et la masturbation réciproque (petting) ne présentent aucun risque.

Le VIH ne peut non plus se transmettre dans les toilettes publiques ou par l’utilisation commune d’ustensiles de cuisine (tasses, couvert, etc.).

Le risque d’infection existe-t-il en cas de pénétration non protégée, même en l’absence d’éjaculation?

Oui, lors de relations non protégées avec pénétration, le risque de contamination est réel même en l’absence d’éjaculation. Manifestement, le sperme et les liquides vaginaux ne sont pas les seules substances à véhiculer le VIH. Un contact rapproché des muqueuses peut suffire.

Les femmes sont-elles plus exposées au risque d'infection que les hommes?

D’un point de vue statistique, les femmes ont, à l’échelle mondiale, un risque plus élevé que les hommes de s’infecter par le VIH lors de relations sexuelles vaginales non protégées. Dans une situation concrète, le sexe biologique « femme » n’est toutefois pas un facteur de risque déterminant. Les circonstances qui s’accompagnent d’un risque d’infection nettement plus élevé – et ce pour les deux sexes – sont :

  • la présence d’autres maladies sexuellement transmissibles (qui peuvent aussi être asymptomatiques et, par conséquent, ne pas être décelées) ;
  • la charge virale, autrement dit l’infection VIH du/de la partenaire non traitée et déjà à un stade avancé ou la primo-infection ;
  • les relations anales ;
  • le nombre de contacts sexuels ;
  • les maladies des organes sexuels portant atteinte à la muqueuse ;
  • pour les femmes : le port d’un stérilet.

N’oubliez donc jamais d’insister sur l’emploi de préservatifs. Il est bon d’en avoir toujours quelques uns sur soi. Le Femidom aussi protège contre l’infection à VIH.

Quelles sont les autres règles du safer sex?

Il existe qu'une règle supplémentaire, en plus des deux concernant les rapports sexuels par voie orale (voir plus haut): En cas de pénétration vaginale ou anale non protégée il existe un risque de transmission pour les deux partenaires. C'est pourquoi il faut toujours utiliser un préservatif (ou un Femidom). N’utilisez que des crèmes lubrifiantes hydrosolubles ou à base de silicone; les crèmes grasses attaquent le latex. Choisir la taille convenable pour le préservatif. Pour trouver les préservatifs de la bonne taille, allez voir sur www.mysize.ch.

Exception à l’obligation de préservatif: Vous pouvez renoncer aux règles du safer sex dans le couple ou avec un partenaire permanent, lorsque aucun des deux n’était infecté au début de la relation et que vous êtes toujours fidèles ou que tous deux respectez les règles du safer sex lors de rapports en dehors du couple ou partenariat.

Le coït interrompu (retrait précoce) ne garantit pas une sécurité suffisante.

(En plus, nous conseillons aux personnes ayant une vie sexuelle active et changeant parfois ou souvent de partenaires de se faire vacciner contre l’hépatite B.)

Rapports sexuels oraux (avec la bouche)

Quelles sont les règles du safer sex à observer dans les rapports sexuels oraux?

Pas de sperme dans la bouche. Ne pas avaler de sperme. Pas de sang menstruel dans la bouche. Ne pas avaler de sang menstruel.

Satisfaire sexuellement une femme avec la bouche comporte-t-il un risque pour moi?

Il existe un risque d'infection si votre partenaire a ses règles. Une infection est possible par le sang menstruel entrant en contact avec votre bouche. D’après les connaissances actuelles, les sécrétions vaginales par contre ne présentent pas de risque.

Même si vous êtes séropositif ou séropositive, il n'y a pas de risque d'infection pour votre partenaire.

Satisfaire sexuellement un homme avec la bouche comporte-t-il un risque pour moi?

Il est important que le sperme n'entre pas en contact avec la bouche et que vous n’avaliez pas de sperme. D’après les connaissances actuelles, la goutte qui précède l’éjaculation ne présente pas de risque d’infection lors de rapports sexuels par voie orale. Convenez avec votre partenaire qu'il se retire avant l'éjaculation ou qu'il vous donne un signal clair avant d'éjaculer. Au cas où il éjaculerait dans votre bouche, crachez le sperme et rincez-vous l a bouche plusieurs fois à l'eau tiède. N'avalez pas le sperme!

Même si vous êtes séropositif ou séropositive, il n'y a pas de risque d'infection pour votre partenaire.

En tant que femme, me faire satisfaire sexuellement avec la bouche comporte-t-il un risque pour moi?

Il n'y a aucun risque d'infection pour vous en tant que femme.

Si vous êtes séropositive, il existe un certain risque pour votre partenaire lorsque vous avez vos règles. Une infection par le biais de sang menstruel entrant en contact avec la bouche de votre partenaire est possible. D’après les connaissances actuelles, les sécrétions vaginales par contre ne présentent pas de risque d’infection lors de rapports sexuels par voie orale.

En tant qu'homme, me faire satisfaire sexuellement avec la bouche comporte-t-il un risque pour moi?

Il n'y a aucun risque d'infection pour vous en tant qu'homme.

Si vous êtes séropositif, il existe par contre un réel risque pour votre partenaire si vous éjaculez dans sa bouche. Il est important qu'il ou elle ne prenne pas de sperme dans la bouche. D’après les connaissances actuelles, ladite goutte de plaisir avant l’éjaculation ne présente pas de risque d’infection lors de rapports sexuels par voie orale.

Convenez d'un signal clair avec votre partenaire avant le rapport sexuel oral.

Risque d'infection pour les personnes qui vivent une relation stable à deux

Lorsque vous pensez que votre partenaire entretient des rapports sexuels non protégés avec d’autres, parlez-en avec lui/elle. Faites confiance à votre sentiment, prenez votre santé au sérieux. Entretenez-vous éventuellement avec lui/elle de la manière dont vous vivez la situation et comment vous pensez vous protéger d'une infection; veillez à respecter les règles du safer sex, jusqu’à ce qu’un test de dépistage effectué trois mois après l’exposition au risque établissent que votre partenaire est séronégatif / séronégative. Vous obtiendrez toute l’assistance requise de l‘antenne régionale de l’Aide Suisse contre le Sida.

Si vous avez une aventure, pensez à respecter toutes les règles du safer sex.

Vous pouvez renoncer aux règles du safer sex dans le couple ou avec un partenaire permanent, lorsque aucun des deux n’était infecté au début de la relation et que vous êtes toujours fidèles ou que tous deux respectez les règles du safer sex lors de rapports en dehors du couple ou partenariat.

N’oubliez pas non plus le risque de transmission par injection de drogue en intraveineuse.

Risque d'infection lors d'un rapport occasionnel non protégé

Un seul rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive comporte déjà le danger d'une transmission. Plus ces rapports sont fréquents, plus la probabilité de s'infecter est grande.

Si vous voulez éviter tout risque d'infection, il vous faut absolument, à chaque nouveau contact sexuel, insister sur l'utilisation du préservatif. Dans une relation stable à deux, il est important de parler avec votre partenaire des rapports sexuels occasionnels non protégé que vous pourriez avoir, ou de la rupture éventuelle du préservatif dans de telles situations.

Si vous n'en faites rien et continuez de coucher avec lui ou elle sans protection, vous mettez en danger votre partenaire. Même si une discussion ouverte n'est peut-être pas très facile, même si vous craignez qu'elle compromette la relation, elle n'en est pas moins indispensable.

Voies de transmission

Transmission par voie sexuelle

Dans près de 80 % des cas, la très grande majorité donc, le VIH est transmis par voie sexuelle. Risques potentiels:

  • rapports sexuels par voie vaginale non protégés (pour les deux partenaires)
  • rapports sexuels par voie anale non protégés (pour les deux partenaires)
  • rapports sexuels par voie orale: sperme ou sang menstruel dans la bouche.

MESURE: respecter les règles de précaution d’usage (safer sex)

Toujours employer un préservatif en cas de pénétration. En cas de rapport par voie orale: pas de sperme dans la bouche, ne pas avaler de sperme / pas de sang menstruel dans la bouche, ne pas avaler de sang menstruel.

Partage de seringue

Le VIH peut par ailleurs se contracter à la suite du partage de seringue ou d’autres ustensiles en cas d’injection de drogue par intraveineuse.

MESURE: toujours employer des seringues propres. (Sachant le risque de transmission d’autres virus tels que le VHC, utiliser sa propre seringue neuve pour chaque injection. Mais aussi: son propre filtre! sa propre cuillère! sa propre eau!)

Transmission de la mère à l'enfant

Une transmission du VIH d’une mère séropositive à l’enfant est possible pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. Différentes mesures permettent toutefois d’en réduire considérablement le risque.

Transmission par le sang

Une transmission par le sang ou des produits sanguins dans un environnement médical n’est guère à craindre aujourd’hui en Suisse. Le sang et les produits sanguins font l’objet de contrôles très stricts.

Les adresses utiles

Centres d'information sur le sida et centres d'assistance

Groupe Sida Neuchâtel
Grand-Rue 18 - 2034 Peseux
Tél. : 032 737 73 37
Du lundi au vendredi, de 8h à 12h.

Aide Suisse contre le Sida (ASS)
Case postale 141 - 8031 Zurich
Tél. : 01 447 11 11
www.aids.ch

Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP)
Section SIDA - Case postale - Hess-Strasse 27E - 3097 Liebefeld
www.suchtundaids.bag.admin.ch/themen/aids (français / allemand / italien / anglais)


Test de dépistage anonyme et entretiens

Groupe Sida Neuchâtel
Grand-Rue 18 - 2034 Peseux
Tél. : 032 737 73 37
Prendre rendez-vous du lundi au vendredi, de 8h à 12h, pour faire un test à Peseux ou à La Chaux-de-Fonds.

Centre d'information et de planning familial, Delémont
Châlet 3 - 2800 Delémont
Tél. : 422 34 44
Mo-Wed, Fr : 13h30 - 17h
Test anonyme, infos. Anonymer HIV-Test, Infos. Anonymous HIV test.

Centre d'information et de planning familial, Porrentruy
Auguste-Cuenin 14 - 2900 Porrentruy
Tél. : 466 66 44
Tu, Th, Fr : 14 - 17h30
Test anonyme, infos. Anonymer HIV-Test, Infos. Anonymous HIV test.

Centre d'information et de planning familial, Le Noirmont
Rue Côte 1A - 2340 Le Noirmont
Tél. : 953 17 66
Tu : 15-18h - Wed :14-17h
Test anonyme, infos. Anonymer HIV-Test, Infos. Anonymous HIV test.


Divers

Le numéro de téléphone 143
"La main tendue" communique également les adresses des organisations d'assistance.

Hotline Stop Sida
Le 156.400.444 (80 cts/min.)
Vous informe jour et nuit sur les thème suivants : test de dépistage VIH; femmes et sida; safer sex entre hommes; modes de transmission; safer sex; préservatif et lubrifiants.

Le Groupe SIDA Neuchâtel (GSN)

Le GSN cherche à encourager tous les efforts entrepris dans l'ensemble du canton de Neuchâtel pour combattre le sida, soit par des actions propres, soit en coordination et en soutien d'autres organisations et institutions poursuivant le même objectif.

Le GSN effectue les tests de dépistage anonymes à Peseux à La Chaux-de-Fonds.

L'association compte environ une soixantaine de volontaires formés. Si vous désirez en faire partie, renseignez-vous auprès du secrétariat.

GSN - Grand-Rue 18 - CH-2034 Peseux (NE)
Tél. : 032 737 73 37 - Fax : 032 737 73 39
E-mail : info@gsn.ch
Web : www.info-sida.ch

Les actions

  • L'information et la prévention en matière de sida auprès du public, en groupe ou en entretien personnalisé.
  • Les conférences ou séminaires d'information et de réflexion.
  • La permanence téléphonique (du lundi au vendredi de 8h à 12).
  • La documentation.
  • Le test de dépistage anonyme.
  • L'accueil, le soutien et l'accompagnement des personnes touchées par le VIH.
  • Les rencontres à thème pour personnes touchées par le VIH.
  • Le Bus Info Sida itinérant, dans la rue ou dans des manifestation ciblées.

Soutenez l'Association

Si vous désirez soutenir INFO-SIDA Suisse et le Groupe Sida Neuchâtel, vous pouvez envoyer vos dons à l'adresse suivante :

  • Dons en faveur du Groupe Sida Neuchâtel, CCP 20-6001-2
  • Dons en faveur du Fonds de Solidarité, Banque Cantonale, CCP 20-136-4, compte No E 155901.12