INFO-SIDA (Groupe Sida Neuchâtel, Suisse)

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Puis-je faire moi-même un test de dépistage à la maison et un tel test est-il fiable ?

Les tests VIH à faire à domicile («home tests») ne sont autorisés ni en Suisse, ni dans d’autres pays d’Europe, ni aux Etats-Unis, et pour cause: ils ne sont pas assez fiables et sont d’un emploi trop complexe. Par conséquent, ne vous prêtez pas au jeu des offres en provenance de l’étranger ou via Internet: il s’agit là souvent de produits douteux qui ne satisfont pas à nos normes de qualité sur le plan médical.

Dans quelle mesure les résultats du test sont-ils fiables ?

Les tests de dépistage du VIH que proposent à l’heure actuelle les hôpitaux, les laboratoires et les médecins traitants sont extrêmement sensibles. En d’autres termes :

Si vous effectuez un test VIH trois mois après une situation à risque et obtenez un résultat négatif, ce résultat est suffisamment fiable. Vous n’avez pas d’infection.

Un éventuel résultat positif est vérifié dans tous les cas à l’aide d’un test de confirmation effectué sur un nouvel échantillon sanguin. Ce test de confirmation utilise une autre méthode de dépistage et il est également très précis. En règle générale, on procède encore simultanément à un troisième test afin de déterminer la charge virale. Après un test de confirmation positif, il est donc exclu que le résultat positif soit faux.

Combien ces tests vont-ils me coûter ?

Un test VIH coûte entre 30 et 80 francs. Si vous voulez passer le test de façon anonyme, vous devez payer vous-même, sinon c’est la caisse-maladie qui prend en charge les frais.

Combien de temps dois-je attendre pour avoir le résultat ?

Le résultat d’un test en laboratoire est disponible après quelques heures ou entre un et trois jours après, suivant l’endroit où le test est pratiqué.

Certains cabinets médicaux et les hôpitaux utilisent aussi un test VIH rapide. Ce test est évalué directement sur place et le résultat est disponible dans la demi-heure. Mais comme pour un test en laboratoire, le résultat n’est suffisamment fiable que si le test est effectué trois mois après la dernière exposition au risque.

Ne pratique-t-on pas automatiquement un test de dépistage lors d'un bilan médical ?

Non, pour un test de dépistage du VIH, vous devez nécessairement donner votre consentement exprès. Par conséquent, personne ne peut vous obliger à en faire un ou le faire sur vous en cachette. En d’autres termes, cela signifie aussi que, lors d’examens médicaux ou d’interventions que vous pourriez avoir subis par le passé, vous n’avez pas effectué un test VIH automatiquement sans que l’on vous en informe.

Peut-on effectuer le test de dépistage sous le couvert de l'anonymat tout en étant mineur ?

Oui, c’est possible. Le test de dépistage, qu’il soit effectué de manière anonyme ou par le médecin traitant, demeure une affaire strictement personnelle qui présuppose la capacité de jugement, mais non la majorité civile. En d’autres termes, une personne mineure peut faire le test anonymement sans l’accord du / de la représentant(e) légal(e).

Puis-je faire le test sans que personne ne le sache ?

Dans les hôpitaux et les laboratoires, les tests peuvent être réalisés en principe sans que vous ayez à indiquer votre nom. Le test est anonyme. Faites part de votre souhait de faire un test anonyme aux collaborateurs par exemple de la consultation sida, sans indiquer votre nom. Un test chez votre médecin traitant est soumis au secret médical. Toutefois, cela ne veut pas dire que le test sera automatiquement anonyme : si la caisse-maladie paye le test, la facture l’informe qu’un test a été effectué. Le résultat ne figure pas sur la facture, mais il est consigné dans le dossier du médecin traitant, ce qui pourrait créer des problèmes ultérieurement en matière d’assurance. Si vous souhaitez faire le test VIH de façon anonyme chez votre médecin traitant et ne voulez pas que le résultat figure dans votre dossier médical, vous devez lui faire part expressément de vos souhaits. Renseignez-vous au préalable auprès de l’antenne régionale de l’ASS.

Que le test soit réalisé à l’hôpital, en laboratoire ou chez le médecin, tout résultat positif doit être communiqué à l’Office fédéral de la santé publique en vertu de l’ordonnance sur la déclaration. Ces données sont importantes pour le contrôle de l’épidémie et servent également au travail de prévention. Depuis le 1er mars 1999, les formulaires correspondants contiennent, outre l’indication du sexe, de la date de naissance et du canton de domicile, l’initiale suivie du nombre de lettres du prénom (p. ex. S6). Il s’agit de détecter les éventuelles déclarations à double, autrement dit plusieurs résultats de tests positifs pour la même personne. Mais c’est aussi une garantie pour vous que vos données parviennent au bureau des déclarations sous forme anonyme : personne ne peut retrouver votre identité à partir de ces données.

Où puis-je me faire tester ?

Les antennes régionales de l’ASS ne proposent généralement pas elles-mêmes un test VIH, mais elles peuvent vous donner des conseils sur les différents aspects du test et vous indiquer où vous rendre de préférence pour faire le test. Les tests VIH sont pratiqués en toute compétence aux endroits suivants :

  • Les grands hôpitaux (universitaires) de Suisse proposent un test VIH anonyme (adresses et numéros de téléphone). Renseignez-vous sur les horaires auprès des services correspondants.
  • A Genève et Zurich, les homosexuels peuvent faire le test VIH dans un centre Checkpoint. Renseignez-vous auprès de Checkpoint Genève ou Checkpoint Zurich pour connaître les heures d’ouverture et de consultation.

Si vous avez eu un entretien de conseil et que vous décidez de faire un test VIH, vous avez encore les possibilités suivantes :

  • Les laboratoires médicaux privés proposent également un test VIH anonyme.
  • Sur demande, votre médecin traitant peut aussi procéder au test VIH. Ici se pose toutefois la question de l’anonymat.

Dois-je me faire conseiller avant de faire un test VIH ?

Demandez des informations sur les différents aspects du test avant de décider d’en faire un (risque de transmission, aspects juridiques, etc.). En cas d’incertitude ou si vous avez des questions, un entretien avec l’une des antennes régionales de l’ASS peut vous aider. Il en va de même après un test VIH. On vous y conseillera volontiers, par téléphone ou sur place. En général, les antennes régionales ne proposent pas elles-mêmes un test VIH, mais elles peuvent vous offrir un suivi et un soutien psychologique au cours de cette période.

Sur le principe, il faut savoir que tout centre de dépistage (clinique universitaire, cabinet médical ou laboratoire) doit vous fournir des conseils en suffisance avant un test VIH. Insistez pour avoir un entretien !

Ne peut-on pas faire le test avant le délai de trois mois ?

Le test VIH utilisé couramment à l’heure actuelle en Suisse est un test combiné qui détecte la présence dans le sang d’anticorps et de composants du virus (antigène p24). Etant donné que des composants du virus apparaissent relativement rapidement dans le sang suite à une infection au VIH, le test combiné permet de révéler une infection éventuellement après quelques semaines déjà. Un test combiné s’avère utile lorsque, durant les premières semaines qui suivent une situation indubitablement à risque, des symptômes physiques apparaissent, étayant le soupçon qu’une infection s’est produite (voir Symptômes). En cas de sérieux soupçon, un premier test peut donc s’effectuer déjà entre deux et six semaines après une situation à risque.

Si ce premier test est « négatif », le résultat n’est pas encore sûr : il se peut qu’il n’y ait pas eu d’infection. Mais il est aussi possible qu’il y ait eu une infection que le test ne détecte pas encore. Soit l’organisme ne contient pas suffisamment de composants du virus (antigène p24), soit il n’a pas encore développé suffisamment d’anticorps. Quoi qu’il en soit, en présence d’un premier résultat négatif, il faut procéder à un deuxième test trois mois après la situation à risque. Seul ce deuxième test établit avec une certitude suffisante qu’il n’y a vraiment pas eu d’infection.

Si ce premier test est « positif » ou « incertain », on effectue un test de confirmation à l’aide d’un nouvel échantillon sanguin afin d’exclure avec certitude toute erreur de diagnostic. Si le test de confirmation s’avère lui aussi « positif », une infection au VIH a eu lieu.